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Sunday, March 11, 2007

Capitaine Conan

Crachat sur le visage de la démagogie politiquement correcte -ainsi que Paths of Glory et Johnny Got His Gun-
ce film courageux est un souffle d'air frais, bien que impitoyable, capable d'émouvoir par sa décidée dénonciation de l'insensibilité des chiens de la guerre (le pouvoir des bureaux) et des mensonges intéressées.

Plaidoyer anti-belliciste plus que pacifiste Capitaine Conan (Bertrand Tavernier, 1996) est un essai belligérant qui prend parti pour la liberté de l'être humaine singulier face la manipulation des foules.
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Comment se conduit-il l'homme face la violence? Qu'est ce qu'il passe une fois que la guerre est finie chez la vie des combattants? Quelle est-elle la vraie importance d'un guerrier? Qu'est ce qu'il sent?
L'amitié, la résponsabilité, l'hypocrisie de ceux qui mandent, la mise en question des valeurs conventionnels,...
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C'est la guerre, la fin de la 1ère Guerre Mondiale -mais de fait n'importe pas quelle guerre-. Le sans sens de quelques guerres (de toutes les guerres?).
Conan est l'officier d'un commando de forces spéciaux -préventifs ou indisciplinés- chargé de missions risqués et décisives. Comme une bande de loups ils attaquent les positions ennemies secrètement, corps à corps, surmontant le chemin à l'avancée des troupes. Ils sont des gents durs, sans scrupules mais, aussi, sans animosité; ils font son travail tout vite, sans doutes, d'une façon plus que professionnelle, d'une façon naturelle... telle qu'une bande de loups. Son régime et sa discipline est aussi spèciel, ils vont à sa guise. Ils jouent sa vie continuellement et ça implique des privilèges...
Comme dit Conan à son ami Norbert, "la guerre a été gagnée par 3000 hommes". 3000 braves qui ont vu les yeux de l'ennemi à des opérations-éclairs. Il faut se souvenir que la 1ère Guerre Mondiale fut une guerre de tranchées, c'est à dire, elle est caracterisée par l'immovilité des positions -et la cruauté de l'employement des armes chimies et biologiques.
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Portrait émouvant d'un homme, d'un guerrier, qui a une superiorité morale implacable basée sur l'amitié, le devoir (avec soi-même), la responsabilité (devant ses hommes) et sur la vérité des faits, qui ne s'en tient pas à la logique du soldat. Lui, il n'est pas un soldat, il est un guerrier à l'ancienne...
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(Conan) - Moi, je suis pas un soldat, je suis un guerrier...
(Norbert) - Difference..?
(Conan) - Un chien-loup c'est pas un loup.

Superbe interprétation de Phillipe Torreton (Conan) très bien secondé par Samuel le Bihan(Norbert) et toute une troupe d'acteurs secondaires qui apportent crédibilité à un très bon scénario et une mise en scène soigneuse et serrée.
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Bertrand Tavernier est le réalisateur de films tels que: Que la fête commence (1975), La Mort en direct (1980), Un dimanche à la campagne (1984), Autour de minuit (1986), La vie et rien d'autre (1989) ou la plus récent Ça commence aujourd'hui (1999, aussi jouée par Phillipe Torreton).

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Monday, February 26, 2007

Iwo Jima, Eastwood, Symboles et Mensonges (III)

3. Letters from Iwo Jima.
Les héros, qui furent-ils réellement? Des plus de vingt mille soldats japonnais qui défendaient la petite île (40 Km carrés) ne survécurent que 216. Ils savaient qu'ils allaient mourir... et ils moururent.

Comment peut-on lutter sans espoir de survivre? Quelles sont les raisons qu'un homme doit-il avoir pour sacrifiquer sa vie? Comment faire face au fait de la mort inévitable?
Mourir en tuant, est-il un console? Il semble que la réponse est affirmative, selon l'histoire et selon la légende.

Letters from Iwo Jima exprime avec détermination et réalisme ce point de vue critique. Malgré une légère tendence vers le préjugé manichéen occidental-bon versus oriental-mauvais (les deux officiers japonnais plus sympathiques, plus prochains, et par conséquent plus bons, ils ont eu tous deux une rélation plus ou moins étraite avec la civilisation occidental) le film se déroule depuis une perspective du perdant avec un respect critique vers sa differente culture (et dessinée à grands traits avec des légères et insuffissants coups de pinceau, au moyen de flash-backs, qui nous montrent une societé pauvre et sous-développée -opposée à la riche terre promise occidental).

Une Perspective Historique
On oublie souvent que le Japon avait un raffinament culturel exquis déjà dans les siècles VII-VIII, pendant que l'occident plongait dans les ténèbres de l'Âge Moyenne.
Oui, c'est vrai, le Japon aussi va fermer ses frontières pendant deux cents cinquante ans (1600-1868) à le period du Shogunat Tokugawa, mais, en même temps il va cultiver son ideosincrase, ses manifestations culturels, son style de vie si particulier basé sur la rigide éthique confucéen de societé hiérarchisée oú les individus occupent leur lieu par rapport à leurs origines sociaux et leurs métiers.

Rien de plus eloigné du concept démocrate que nous connaissons aujourd'hui.

Pendant ce temps -siècles XVI-XIX- le monde occidental sortirait du feudalisme, se créeraient les états modernes et déboucherai dans le Siècle des Lumières en asseyant les basses pour un double développement: d'un côté, la conscience social et la postérieure révolution politique et social; de l'autre côté, les sciences experimentales et la postérieure revolution industrielle, avec un notable avancement de l'industrie de guerre.

Quand le Japon va sortir de son longue Âge Moyenne avec la restauration Meiji, les gouvernants vont essayer prendre le modèle occidental de développement pour adapter ses structures et moyens de production, mais sans changer le modèle morale et ethique. On traitait de moderniser l'économie laissant intacte la puissante conscience hierarchique. Ainsi, la démocratie à la japonnaisse n'était que une masque, quelque chose vide, sans contenu.

Avec l'overture à l'exterieur et l'aumengtation du pouvoir militaire, l'esprit belliciste japonnais ne mettrait pas longtemps à chercher l'expansion; l'impérialisme traverserait les frontières pour chercher dehors les ressources qu'il n'avait pas à l'interieur .

C'était une question de temps le choc des intérêts entre les japonnais et le monde occidental (Les Étatas Unis et La Grande Bretagne, principalement).

Lors de la 1ère Guerre Mondial le Japon va faire partie des forces aliées. Mais sa soif expansionniste le va conduire irrémediablement à son affrontement avec les puissances alliées.

L'extension de la 2ème Guerre Mondiale au Pacifique était servue.

Une considération
Le point de vue romantique du code d'honneur samouraï (le budo) c'est si attirant grace à cette charge du sens de l'humain entrainé à travers des siècles, pas soumis à aucun intêret, dont le plus précieux que l'homme possède est sa dignité et son respect pour les traditions et la mémoire de ses ancêtres.
Le samouraï -la caste dominante- plaçait ces conditionnements par devant sa propre vie (c'est pour ça que décevoir ce code impliquait le suicide rituel ou seppuku), bien que parfois les limites n'etaient pas très precis et provoquaient une réaction de révolte devant l'automatisation des conductes (cette tradition du ronin, ou samouraï sans maître, qui erre par le chemins dont le cas le plus fameux est ce des 47 ronin qui vont se venger d'une décision injuste qui va coûter la vie à son seigneur -mais, après, ils vont comettre seppuku collectif).

Il faut connaître cette histoire, cette singularité culturelle, pour mieux comprendre la lutte courageuse et suicide que les japonnais vont faire au fin de la guerre contre Les États Unis -et les autres aliés- et que va faire dire à un officier britannique qui avait combattu dans les deux guerres mondiales,
"Tous les armés du monde disent de combattre jusqu'àu dernier homme, mais la seule que j'ai vraiment vu le faire elle a été l'armée japonnaisse"

C'est cette mélange des vertus guerrières et du raffinement culturel le plus grand attractif de ce peuple paradoxal et que le film ne montre pas suffisamment -peut-être qu'il ne soit pas son but, mais les flash backs vont au sens contraire-.

La Bataille
C'est l'année 1945. La gigantesque machine militaire des Étatas Unis -qui en à peine trois ans avait multiplié par dix son potentiel militaire- avance inexorablement vers la Terre Sacrée des japonnais, la guerre était déjà perdue pour le pays du soleil levant, mais ce peuple ancestral et beliqueux était disposé à vendre très chere l'ocupation de son territoire, la sacrée terre de ses parents, la terre qui personne avant avait osé conquérir. Quand tout était perdu, on va créer l'une des armes plus meurtriers, une arme qui n'admet pas aucune négociation: la tactique kamikaze, ou ce qui est la même chose, mourir tuant.

Devant l'immense pouvoir tecnologique et materiel des américaines, le Japon va opposer la vie de ses soldats et de son peuple. C'est pour cela que les dernières batailles, à mesure que l'armée alliée prochait du Japon, furent remarquablement acharnées.

Guadalcanal avait déjà été une experience trop sanglant pour les américaines et semblait être seulement le commencement d'un enfer dont on ne connait pas la fin.

Iwo Jima serai la confirmation de cet enfer.

Les chiffres de plus de vingt mille morts japonnais -le 90% des forces qui défendaient l'île- et plus de vingt mille baisses américaines, desquelles plus de cinq mille morts, quatorze mille blessés et cinq cents disparus, illustrent la dureté des combats et la détermination des japonnais.

Le film
Nous nous trouvons devant d'une des meilleurs récréations belliques d'un épisode de la 2ème Guerre Mondial.
La mise en scène, le discours narratif, la séquence des actions, les effets visuels, les ressources cinèmatographiques, la lumière, la texture, le son (il a reçu le prix Oscar 2007 pour le Meilleur Montage Son), même les interprétations, tout cela contribue à faire plus prochain cette épique de la démesure contenue dans une action ponctuelle et pleine de grandeur. La grandeur des veçus.

En rapport avec sa structure formale le film est superbe. Le rythme narratif est fluide et soutient la tension pendant tout la durée du film, avec des crescendos savamment partagés et soulagements habilement placés -mais pas vides-.
Le climat obtenu à travers d'un surprenant traitement de la lumière et de la coleur -avec des filtres sépia ou ocres- avec le fait que la défense de l'île fut possible grâce à l'excavation d'une inextricable réseau de tunnels créent une ambientation presque claustrofobique par moments.

Letters from Iwo Jima est avant tout un portrait psicologique d'un peuple. Un essai pour comprendre l'âme japonnaisse. Un peuple, une âme, dichotomisé/e: culte et traditionnel, savant et passioné, tolérant et autoritaire.

Clint Eastwood souligne cette perspective psicologique pendant tout le film.

Qui est qui? Qui fait quoi? Comment fut-il possible qu'une force si petite pouvait résister pendant cinq semaines les bombardements constants et l'assaut d'úne force quatre fois supérieure quand il était prevu finir avec elle en dix jours? Il faut chercher la réponse dans cette âme japonnaisse qui considère la propre dignité plus valieuse que la vie.

(Peut-être qu'on se comprenne mieux ainsi ce qui va arriver à Vietnam -c'est une hipothèse).

LFIJ est un exercice autocritique du vainqueur qui regarde en arrière pour replacer chaque chose dans sa place et rendre les honneurs au veçu.

Le pulse du film est ferme et l'objectif louable, bien qu'il me manque un certain regard moins negatif de l'âme purement japonnaisse:

ces barbares qui ont inventé la ceremonie du thé, le sumo, l'ikebana, les jardins Zen, les maisons minimalistes, le populaire théatre Kabuki et le noble théatre No, qui sont capables d'imiter n'importe qui manifestation artistique ou tecnologique;

ce peuple qui regarde le lever du soleil avec la conscience d'être l'âme du monde. Le peuple qui considère le soleil et le ciel en féminin (Amaterasu omikami). Le peuple qui est capable de entourner dans un haiku toute la sagesse de la vie.

Chapeau monsieur Eastwood pour son extraordinaire travail.
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Symboles et mensonges, le temps a placé chaqu'un à sa place. Les symboles gisent sous la terre d'une île volcanique pendant que les mensonges ondoyen au vent (ou est-il au contraire?).

...f

Wednesday, February 21, 2007

Iwo Jima, Eastwood, Symboles et Mensonges (II)

2. Flags of Our Fathers.
Le prolifique Clint Eastwood, malgré ses soixante-dix-sept ans, continue à tourner un film chaque année -ou deux-! C'est incroyable! Bon, aussi Woody Allen (72), Manoel de Oliveira (93, et continue encore!), mais aussi les disparus John Ford (81), Akira Kurosawa (88),... le génie ne vieillit jamais.

Dans cette occasion il fait une révision de l'histoire posant son regard critique sur un épisode mythique de l'imaginaire américaine: la Bataille d'Iwo Jima et l'affaire de la très célèbre photo Raising the Flag on Iwo Jima.
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Le mensonge est-il justifié bien qu'il soit pour une bonne cause? Existent-elles bonnes causes qui justifient la tuerie de milles et milles de personnes? Le soldat survivant qui s'est trouvé face à face devant la mort et qui seulement cherchait se sauver à toute côte, est-il un héros, ou simplement un élu du hasard? Est-il licite s'inventer les héros par pure nécessité, par intêret?

Toutes ces questions sont prèsentes dans Flags of Our Fathers, mais manque la force narrative nécessaire pour les répondre avec d'efficace. Le jeu constant des flash-backs -très bien fait et tout un tour de force pour le mixeur- n'est pas suffisant pour créer la tension qu'il faut (Stanley Kubrick fut beaucoup de plus effectif à Paths of Glory). Peut-être que les interprétations soient fallues ou non bien résolues (ou trop chargées de sens: le rôle de la conscience critique de l'indien, le rôle de l'homme honnête et conformiste et le rôle de l'opportuniste nécessaire). Peut-être qu'il manque un peu plus d'hardiesse -oui, un peu de plus!-.
Le fait est que le film n'arrive pas à émouvoir.

Oui, c'est vrai, on nous dévoile le mensonge, mais ce ne suffit pas. Nous ne pouvons pas nous identifier avec aucun rôle, nous ne pouvons pas nous mettre dans la peau d'aucun protagoniste; nous assistons, comme des simples spectateurs, à une histoire qui se déroule à travers d'un filtre, qui n'arrive pas avec l'émotivité suffisante; en termes généraux, trop superficielle. Peut-être l'histoire, elle même, par sa tournure, ne pousse pas à émouvoir. Peut-être qu'il manque la figure -le rôle- de celui qui dévoile, quelqu'un qui était capable de transmettre des émotions, qui jouait le rôle de la conscience objetive et critique, non celle individuelle (à la manière de Harry Dawes -Humphrie Bogart- à The Barefoot Contessa -La comtesse aux pieds nus-, ou de la voix off de The Thin Red Line -La ligne rouge-).
Je ne sais pas,... un ressource narratif -ou visuel- qui tendait un pont plus consistant entre l'histoire et celui qui la voit.

Bien sûr, nous nous trouvons devant monsieur Clint Eastwood, le film est impéccable, il est bien fait, les scènes d'action ont vérisme (c'est le mieux), il est fidèle à les événements historiques, mais... il ne s'envole pas.

Une cronique bien racontée et peu de plus; une fois vue, elle s'oublie vite... et il n'en reste rien d'emotif dans notre mémoire.
La meilleure vertu de ce film est faire plus grand encore la version japonnaise de la bataille: Letters from Iwo Jima...
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(à suivre)
f

Sunday, February 18, 2007

Iwo Jima, Eastwood, Symboles et Mensonges (I)

1. Symboles et Mensonges
L'être humain est un dévorateur insatiable de symboles, il a besoin des symboles pour vivre, pour se refléter, pour imiter, pour se vanter. Symboles, symboles, ils ont plus pouvoir que la vérité parce que la vérité est seule, mais les symboles satisfont beaucoup de vanités differents. Les symboles ont, en plus, une faculté évocatrice très puissante. C'est pour ça que les images de marque (dénomination que les symboles possèdent dans le domaine comercial) sont si importantes pour l'économie, la politique, et tout ce secteur qui prétende gagner la volonté des foules pour faire des affaires.

C'est pour ça, aussi, qu'il est préférable de créer la réalité, même la verité, au goût de ce qu'il peuple attendre que transmettre une réalité crue sans attirance, décevante, sans pouvoir de movilisation. En un mot: la mensonge est beaucoup de fois préférable à la verité pour mieux vendre un produit (une idée, un fait, une voiture, des vacances, une guerre, etc).

C'est cette conception sur les symboles et les mensonges le point de départ de Clint Eatswood -et Paul Haggis- pour exposer sa vision, risquée et louable, d'un des faits béliques plus répresentatifs de la 2ème Guerre Mondiale: la Bataille d'Iwo Jima (ici wikipedia), un des dernièrs et plus sanglants épisodes de la Guerre du Pacifique entre Les États-Unis et le Japon et qui serai décisive pour la prise en considération, de la main du Président Truman, de jeter la bombe atomique sur des cités densement peuplées du Japon pour forcer, ainsi, la rendition inconditionnelle de l'armée japonnaise -donnée la tenace résistence que les japonnais offrirent dans cette petite, inhospitalière et stratègique île volcanique, transformée, après, en tremplin pour les bombardements americaines sur sol japonnais.

À côte, la fameuse photo faite par Rosenthal (préparée) peu après de la première photo faite dans la prise du sommet du mont Shuribachi à Iwo Jima, c-à-d, la photo réelle (en bas). La difference expressive est manifeste.

Raising the Flag on Iwo Jima est l'un des symboles les plus fameux non seulement de la Guerre Mondiale même de toute l'histoire de la photographie comme un instrument créateur de symboles. Le pouvoir des images sur l'inconscient collectif des gents a toujours été présent dans les esprits de ceux qui cherchaient obtendre l'appui des foules -et sa manipulation, bien sûr-.

Une image expressive, vigoureusse ou suggestive, a le pouvoir de milliards d'orateurs, elle transmet plus émotion, elle a plus sens; l'image suggère directement au coeur de celui qui la regarde, elle est une source émettrice de significations, et, en plus, se grave dans la mémoire plus facilement que les paroles. Et, bon, si la photographie original n'a pas la suffisante tension ou expressivité comunicative, alors on fait une autre qui comprend l'émotivité désirée et voilà, y est! On réalise après une tournée -savantement conçue et dirigée- avec les protagonistes de l'exploit pour collecter des fonds pour la campagne bélique et.. voilà, nous avons atteint l'objetif marqué -quoi?, que ne sont-ils pas tous les protagonistes? Ah, bon, se fabriquent et... y est! Le plus important c'est le service à la patrie, plus que la verité-.

Clint Eatswood trait de ce fait dans le premier des deux films dédiés à la Bataille d'Ivo Jima: Flags of Our Fathers. En sinthèse, le film parle de la mensonge pitieuse que se va vendre au peuple américaine -et à tout le monde- pour lever sa morale et râcler ses fonds de poche et comment se vont manipuler les faits et les protagonistes pourvu qu'il s'obtienne la colaboration enthousiaste des citadins.

C'est toujours la même chose en toutes les guerres (et surtout dèpuis le XXième siècle): la propagande fait partie de la stratégie militaire (pour démoraliser l'ennemi, pour encourager les propres forces, pour réclamer et obtenir la colaboration des pouvoir économiques, etc.), et la propagande se nourrit de demi-verités avec sauce de mensonges.
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Le baiser de Doisneau ou le portrait de Che Guevara de Korda appartient, toutes deux, aussi à cette catégorie des photos préparées comme s'ils étaient spontanées.

Par contre il y a des splèndides photographies spontanées, réelles ou véridiques qui transmettent tout l'horreur d'une guerre et que sont capables de raconter beaucoup de plus que les informations tordrées des combattants. Telles que les images racoleuses des instantanées de la Guerre de Vietnam qui vont jouer un rôle déterminant à la protestation du peuple et la postérieure retraite des Etats-Unis de la guerre.
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Devant ces photos
c'est très difficile défendre une prétendue Guerre Juste. Le pouvoir des images peut être plus grand que celui des politiques.
Pourquoi y a-t-il ajourd'hui tant de morts parmi les journalistes autour du monde malgré ils soient dûment identifiés ou dans une place sûre? Yeux qui ne voient pas...
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(à suivre)
f

What is Cinema?


Fabrique de rêves, fabrique à rêves. Avant tout, le cinèma est émotion -il doit être émotion- est création d'univers pour émouvir; oui, bien sûr, aussi il est un moyen pour transmettre messages, faire de la propagande, élever,... c'est à dire, il doit provoquer, susciter, chercher, une réaction au spectateur.

Ainsi, le rire, les pleurs, la surprise, la peur, la joie, la tristesse, la haine, l'amour,... La fonction et la raison d'être du cinèma est comuniquer quelques ou toutes ces émotions. Pour ce but il se sert de nombreux instruments, stratagèmes, formules, ressources, recettes, etc., soient-ils d'ordre materiel (effets visuals ou sonores, localications, ambientations, jeux de lumières, décors, costumes, enfin, tout cela capable de renforcer ou nuancer l'objectif cherché) ou d'ordre intellectuel (scènario, musique -celui-ci je le considère un moyen intellectual, bien sûr-, allussions, symbologie, c'est à dire, cela qui se veut raconter).

Une idée, une histoire, un scènario, un théâtre, des acteurs, un réalisateur, qui s'occupe de diriger la troupe et d'exprimer ce que le scènario dit, et une foule d'ouvriers qui font possible que tout marche (depuis les cameraman et les machinistes jusqu'à les coiffeurs ou les responsables des costumes).

Pour illustrer ce que le cinèma est, voilà un exemple merveilleux: City Lights, film muet de l'extraordinaire Charlie Chaplin (pour moi, il est un des chef-d'oeuvres de ce génie absolu de l'Art -non seulement du septième art, mais un artiste intégrale). Ce charmant et émouvant personnage qui fut "Charlot" atteint dans ce film le summum de sa capacité pour émouvoir.

Dans cet incomparable film les éclats de rire se mêlent aux larmes, le sourire au frisson émouvant, tout ça sur la même scène, sans répos.

Ces trois morceaux du film résument l'histoire parfaitement (la durée totale est 87 minutes):

1. La présentation des personnages (génial, comme toujours, le clin d'oeil social dans l'inauguration du monument qui sert pour introduire Charlot), le tramp (Charlot) et la floriste aveugle (une belle et expressive Virginia Cherril).
SCENES FROM CHARLIE CHAPLIN'S CITY LIGHTS (1931): PART ONE
2. Le bal qui donnera pas à l'hilarant combat de boxe qui servira pour gagner d'argent au clochard-Charlot.
SCENES FROM CHARLIE CHAPLIN'S CITY LIGHTS (1931): PART TWO
3. La résolution plus bouleversant et ouverte de l'histoire du cinèma.
SCENES FROM CHARLIE CHAPLIN'S CITY LIGHTS (1931): PART THREE

(merci Eric pour ce grand cadeaux)

C'est cinèma madames et monsieurs, cinèma de toujours, cinèma pour toujours.

Bonne soirée!
f

Thursday, February 15, 2007

eiraM etteniotnA ed aifoS


Non, je vais pas écrire à l'envers. Je vais faire la critique en positif.
Je vais me faire l'avocat du diable. Qui sait? Peut-être que je sois dans le vrai.
De toute façon, je recommande de lire avant le suivant post.

Marie Antoinette de Sofia Coppola est un exercice de style. Il n'est pas facile faire le portrait d'une époque excessive en tout... moins en vrais sentiments. Une époque remarquable par sa superficialité, par le culte au luxe, par la nécessité du superflu, par la mensonge comme forme de vie, une époque dépourvue de morale chez les gouvernants, une époque et un moment de l'histoire qui finissait... L'époque à laquelle appartint cette adolescente (seize ans) qui fit partie de la cour plus luxeuse et libertine de l'Europe de ce temps-là, la cour Française.

La première âge d'or de la France va finir avec la Revolution qui va jeter les bases des états modernes et faciliter l'apparition d'un des plus génials Guerriers et hommes d'État de tous les temps, Napoleon Bonaparte... mais, cette est une autre histoire.
La Revolution qui va trancher dans le vif de l'état monarchique et proclamera la première republique moderne aussi tranchera dans le vif le délicat cou de cette dernière reine.

Marie Antoinette va arriver de l'Autriche pour marier avec le Dauphin, qui reignera plus tard comme Louis XVI. Quand elle arrive à la cour française, démesuré en tous les sens, et se rend compte du faste, des excessives formalités, des liturgies protocolaires d'un pouvoir ankylosé et inefficace -bien loin déjà de l'ancien pouvoir réel du Roi Soleil Louis XIV-, du lien oú le temps se passait entre jeux, profusion et gaspillage, oú les sentiments propres manquaient de valeur, oú il etait mal vu être sincere, l'honestité était de mal goût ou la fidelité une chose pour les misérables d'esprit...
Dans ce monde Marie Antoinette va plonger comme s'il était l'étang doré. Le reste n'existait pas. Malgré quelques uns qui disent qu'elle avait de bon coeur -par ses donations mensuels pour les pauvres- la verité est que la reine adolescente vit tournant le dos -comme toute la cour- aux nécessités du peuple qui de plus en plus souffrait un état en faillite.

Sofia Coppola nous a voulu transmettre cette situation de décadence morale et économique. Une situation sociale des classes puissantes pleine de carences mais, en même temps, nageant dans l'abondance. Supportant une revolution -l'americaine- qui à la fin se tournera contre elle même par faire un bras de fer hégémonique avec l'Anglaterre et l'Autriche.
Il faut voir bien ce qui Sofia veux nous montrer: que la surabondance materielle va lié toujours à la misère morale, à l'ennui, au laissez-faire laissez-passer, à l'émoussement des sens. Ce dont Sofia nous parle est la manque d'élan vital d'une cour ensevelie sous sa propre indolence. Une societé sans vraies pasions, avide de choses nouvelles, une societé sans soucis -toutes les arriveraient d'un coup fatal-.

Kirsten Dunst est parfaite dans son rôle d'inconscient sans-le-vouloir. Bien élevée comme il faut dans une future reine, nonobstant elle sent la manque d'amour, mais non avec tristesse sinon comme s'il était la manque d'un petit chien. En fait lorsqu'elle a une liaisson avec un comte Suedois (Le comte Fersen, à qui les mauvais langues faissaient père des fis de Marie Antoinette) la pasion ne sorte pas de l'écran, elle ne transmets pas. Peut-être Sofia voudrait dire "même les pasions étaient de baisse intensité, simples formalités".

Vu ainsi, le film reprend une nouvelle dimension. Il ne peut pas transmettre des émotions parce que ils y n'avaient pas des émotions à transmettre; alors, sous cette perspective le résultat est génial, la musique était nécessaire pour apporter émotion oú n'existait pas.
Sofia nous met un tableau devant les yeux oú les personnages ils ont aussi deux dimensions: le luxe et le dolce far niente, rien d'autre y existe. Tout cela spléndidement décoré avec des costumes, des chaussures, des coiffures, de la chasse, de la table, des chiens qui mangent magnifiques desserts, des beaux chevaux richement harnachés, des palais et des jardins fastueux, etc. Et pour que cela se montre avec toute sa crudité et toute sa pureté immaculée, le peuple n'apparaîttra que à la fin quand il vient à facturer par tant de gaspillage et tant d'injustice. La laideur finira avec le glamour vide d'une beauté sans sens.

Le parenthèse se ferme ainsi. Nous avons assisté à une de ces pièces de théatre oú la scène se déroule dans un seul décor: le faste démesuré de la cour plus riche et misérable de la fin d'une ère, pendant que les bruits et les cris nous arrivent du dehors - ils ne sont pas d'importance pour raconter cette histoire de moeurs sans mesure, de femmes et hommes d'émotions naines.
Le rideau tombe. La lame aussi. Une nouvelle histoire naît fécondé par la sang des innocents-coupables, comme d'habitude. Les êtres humaines quand ils devient symboles sont coupables de l'être devant la foule.
La Revolution Française ne fut que l'entrée du peuple français au jardin privé oú la monarchie d'origin divine se fanait. Une fois dedans, ce peuple fatigué de prépotence, va couper toutes les fleurs qu'il put pendant une bacchanale de joie folle, de vengeance et de cruauté.

Aujourd'hui, Sofia Coppola nous a montré la capacité d'attirance de cette démesure, bien que les personnages étaient pantins exécrables. Aujourd'hui nous ne pouvons pas laisser de sentir une certaine sympatie par ces malheureux heureux êtres humains dont le seul objectif dans sa vie c'était vivre un conte de fées -bien que mal raconté-, un conte oú la misère, le laideur et les tribulations humaines n'avaient pas lieu (affaire que le film remarque bien).

Je me rend avec le glamour et le pari innovateur de ce charmant, inoffensif et amusant vaudeville (?).

ff

Marie Antoinette de Sofia

Glamour-Fashion, splèndides costumes, superbe ambientation (quels palais! quelles tables, hummm! quels beaux chevaux!), à la merde l'histoire... mais, et l'emotion, oú est-elle?
Ah, Sofia, Sofia! qu'est ce que tu as fait? Oú est-elle la femme sensible, subtile, délicate, intelligente, perspicace? Peut-être Lost in translation?
Malheureusement (mon coeur sagne, ma chère Sofia) celui-ci est le film plus froid que j'aie vu dépuis beaucoup de temps.
Quel dommage!
L'idée est bonne, le contre-point musicale pour remarquer la condition de reine adolescente, mais l'essai d'aproximation à l'actualité a eu l'effet contraire. Pas d'émotion, pas de comunication de sentiments, pas de sentiments eux-mêmes!
J'ai assisté à une projection dépourvue d'intérêt, sauf l'ambientation et la musique (mais rien à voir avec la présence intimement lié à l'émotion de la musique à Lost in Translation). Ici il n'y a pas d'émotion, donc la musique n'émeut pas.
Quel rage de talent gaspillé!
Tout ce qui le film a de precieux il l'est de décevant.
Bien, si Sofia Coppola voudrai ressembler à son père, elle l'a fait, en partie. Elle a déjà son One from the heart (la boulette de ce éxtraordinare réalisateur de films comme The Goodfather -I et II-, Apocalypse Now, the Outsiders, Rumble Fish ou Bram Stoker's Dracula).
Attendons qu'elle retourne sur la bonne voie qu'elle va prendre avec The Virgin Suicides et surtout avec le surprenant et fantastique Lost in translation.
Bande sonore superbe mais accablante par l'absence de tension dans l'écran.
Des costumes pour se rendre fou, je l'ai dit déjà, un vrai travail exquis. Il faut remarquer que l'histoire se déroule dans le period du rococo, dont la régle principale était trop de tout, coiffures de verticalité impossible, diamants pour le petit-déjeuner, rubis pour le repas et saphirs pour le dîner, chaussures de rêve (quel envie de rococo pour un esthète comme moi!), robes de tous le couleurs, de soie sauvage, de taffetas, de satin; et la table (ah, les répas!), quelles tables! quelles présentations!
Ah, c'est l'époque oú commence la gloire pour la cuisine française, l'époque de Brillat-Savarin et son Physiologie du Goût, l'époque qui accouchera à Carême. Quel plus à dire?
Tout cet ambient est traité d'une façon exquise... Mais manque le plus important dans un film: l'émotion, la transmission.
La fabrique des rêves, cette fois, a produit une légère somnolence.
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Mais je t'aime encore, Sofia, et j'attends beaucoup de vous.


f

Wednesday, February 07, 2007

Dancer in the Dark

Y a-t-il un sens occulte dans les choses? Une réalite coulant sous la surface de l'apparent? Existe-t-elle une manière de vivre cette réalité occulte?
L'extrême sensibilité de certaines personnes n'est-elle pas une constatation que la réalité comprend un spectre lumineux plus vaste de celui qui las apparences nous montrent? Ou tout n'est que le résultat d'une tare congenitale, d'un défait de fabrication sensitive que provoque ces mirages ou délires sensoriels et émotionnels? Je ne le crois pas.
S'en tenir à l'apparent, n'est-il pas rennoncer à la meilleure faculté -et la plus distinctive- que l'être humaine possède, c-à-d, l'imagination et son émanation la fantaisie? Sans une imagination puissante et développée -cette capacité pour présentir ce qui s'ignore et pour voir et penser ce qui n'existe pas encore- peut-être nous étions sur les arbres.

Dancer in the Dark traite de beaucoup de choses, mais il y est le langage employé -débordant d'imagination et sensibilité- qui s'est fait poser toutes les questions précedents.
Film très dur, impitoyable, inclément. Seulement le traitement comme un drame musicale, la beauté formal de la mise en scène, la splendide interprétation ne seulement de Björk mais aussi de Catherine Deneuve, David Morse, et toute la troupe d'acteurs ensemble à l'exigeante réalisation de cet enfant terrible du cinèma danois, Lars Von Trier -héritier de C.Theodor Dreyer, selon quelqu'uns- et la photographie de Robby Müller est qui fait possible la digestion de cette bouchée extrêmement amère.
Malgré tout, la sensation d'impotence, d'humillation de l'intelligence, la rage pour permettre que certaines choses arrivent sans nous faire rien, la fragilité des gens sensibles, la faiblesse de l'excès de sentiment, tout cela nous écrase contre le siège.
Les larmes? C'est ce qui compte de moins. Le plus important est la sensation de coeur brisé, de déluge d'émotions contradictoires.
Mème ainsi, ceci n'est pas un cinèma sentimentale mais émouvant, passionné. Une bombe émotionnel dirigée au centre de notre categorie d'humains.
À remarquer les chansons composées par Björk et les choreographies de I've seen it all et Cvalda, ainsi que New World, l'impressionnant dernier thème ("si vous le permetez").

À voir sans faute.
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Sunday, February 04, 2007

Thin Red Line

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Thin Red Line: Un poème visuel
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Extraordinaire film de Terrence Malick que j'ai revu incité par le visionnage de Flags of Our Fathers (Clint Eatswood) -lequel m'a déçu un peu. Il faut attendre "Letters from Iwo Jima"-.

TRL: Poésie, métaphysique, exaltation de la beauté, introspection, mise en question de la nature des choses, l'homme devant soi-même, devant la mort... Enfin, il est un complexe chef d'oeuvre pluridisciplinaire.

Malheureusement, le même anné de sa première, Steven Spielberg realisa son mediocre Save the Private Ryan (biopic sur le débarquement de Normandie avec les vingt premiers minutes plus réalistes jamais filmés sur le décisif évenement qui représenta le début de la fin de la 2ème Guerre Mondiale -il faut le dire tout) l'enlevant le protagonisme qui l'appartenait. Donc, RTL va se passer sans péine ni gloire.

Ce film n'est pas fait pour l'applaudissement facile, ni non plus pour amuser; ce film est fait avec les tripes, pour secouer les consciences et éveiller les coeurs, pour nous dire à nous, les humains, que la beauté est là toujours, malgré nous mêmes, comme une intelligence indépendante... C'est comme si la Beauté était là déjà, avant que nous, et nous, les pauvres de nous, n'étions que une infime part de la conscience universelle d'oú la Beauté sort comme une émanation du divin.

Cela est présent dans le film constamment: l'impossibilité de trouver réponses aux questions éternelles de l'homme... parce que nous avons toujours l'impression que la nature des choses nous dépasse.

La mise en scène est du plus pur lyrisme, les suggestions, les alussions, les métaphores visuelles, les parallélismes, les traits comme coups de pinceau, la mélodie choise avec sagesse fournissant des sensations de légèreté, les regards qui parlent du silence stupéfait... La peur, la peur térriffiante qui devient beau calme; l'immortalité grimpée à la vie telle qu'une plainte tropicale... étouffant la vie; la mort, la grande inconnue, la vraie frontière insurmontable.

Les êtres humains, la tour de Babel qui ne cesse pas de s'élever, tous si differents, tous si egaux. Il y a des paradis dans ce monde et nous nous entétons à les transformer en enfers. L'ange bon, l'ange déchu, tout est une supercherie, n'existe pas le bon et le mauvais, nous inventons ce manichéisme pour nous expliquer ce qui nous ne comprenons pas, l'ineffable. ("ils nous veulent participant de sa mensonge ou morts", dit le sergent-major Sean Penn -le sceptique qui est capable de comprendre la sensibilité et en même temps de se jouer la vie par consoler un moribond et qui rejette les éloges et les médailles-).

Film encyclopédique, exactement comme une encyclopédie pleine de mystères et de belles images suggestives.

Superbe bande sonore d'un des plus élegants compositeurs pour le cinèma, Hans Zimmer, que comprend aussi des beaux chants de la Mélanesie et le séraphique In Paradisum du Requiem de Gabriel Fauré...

Beauté, Beauté à flots pour la vue, pour l'oreille, pour l'esprit, pour le coeur. Une Beauté parfois crue, parfois insupportable, parfois incompréhensible, mais toujours présent.

Pour en plus savoir: wiki page, IMDb page.

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Pour moi il y a quatre films de guerre, ou sur la guerre, -ou sur la paix?- qui sont de référence obligée: Paths of Glory (Stanley Kubrick, 1957), Johnny Got His Gun (Dalton Trumbo, 1971), Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979) et ce Thin Red Line (Terrence Malick, 1998).

À ne pas se perdre.

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Tuesday, January 16, 2007

Golden Globes 2007: Babel


Dans ce monde Babel les prestigieux Golden Globes 2007 (préambule des Oscars) ont réparti ses prix. (Ici plus sur la cérémonie/gale et les prix).
Babel (le film comenté dans l'anterieur post de ce blog) a obtenu le prix du meilleur film (!).
La superbe Hellen Mirren -faisant une blague facile, la reine de la nuit- le prix de la meilleure actrice pour sa magistrale récréation de Elizabeth II dans The Queen (aussi par son rôle de Elizabeth I dans la série de tv du même title)(!).
Martin Scorsesse prix du meilleur réalisateur par The Departed.
Letters from Iwo Jima a été le prix pour le meilleur film étranger (USA/Japon), film réalisé par Clint Eatswood (qui aussi a réalisé Flags of our Fathers, tous les deux après un scènario de Paul Haggis).

À remarquer le commentaire d'Alejandro González Iñárritu devant le gouverneur de La Californie, Mr. Swarzenegger, -qui l'a fait remise du prix- sur sa situation légale ("mes papiers sont en régle, Mr le gouverneur").

(à suivre...)

Friday, January 12, 2007

Babel


L'hasard, l'effet domino, la comunication -la manque de comunication, les interférences-, la bonne et la mauvais chance, les différences et les similitudes, l'isolement et la solidarité (plutôt, la compasion), la méfiance et la mesquinerie, la peur et la confiance, enfin, les vicissitudes d'une societé globalisée et non obstant rangée en compartiments étanches... Babel est tout ça et beaucoup de plus.
Qu'est ce qu'il se passe lorsque ces compartiments étanches sont obligés à interagir? La tour de Babel, la confussion, les difficultés pour se comuniquer, l'égoisme des riches, l'hospitalité des pauvres (?), et même l'incomunication survenue à une societé riche quand il y a des barrières à cause de problèmes physiques (surdite, mutisme, etc...).

Superbe culmination de cette trilogie de vies croisées qui forment Amores Perros (2000), 21 gramos (2003) et, maintenant, Babel (2006), du surprenant réalisateur Alejandro González Iñárritu (Mexico, 1963), prix du meilleur réalisateur à Cannes 2006.

C'est un film estructuré selon la classique recette d'histoires apparemment indépendentes qui finiront par s'entrelacer et dont les representants actuels de référence sont: Short Cuts (Robert Altman, 1993) un vrai tour de force d'un des meilleurs directeurs de toujours (il vient de mourir au fin de la derniere année), Grand Canyon (Lawrence Kasdan, 1991) plus plaissante et encourageante, et, plus récemment, Crash (Paul Haggis, 2004) plus trépidant et palpitant, réalisée par l'un des scènaristes plus prolifiques des derniers temps (The Million Dollar Baby, Casino Royal -la nouvelle étape de James Bond- ou le dernier film de Clint Eastwod " Flags of Our Fathers").

Le message: toute action entraîne à son tour un tourbillon d'actions. Tout est mis en rapport avec tout.

L'action se déroule à trois/quatre théâtres differentes: EEUU/Mexico, le Maroc et le Japon, c'est à dire deux pays dites du premier monde et deux pays qui peuvent se considérer du deuxième monde (bien que l'action au Maroc -un milieu rural et montagneux- semble se passer à le troisième monde).

Film désespéré et encouragé en même temps. Film de grands valeurs et de petites misères:
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L'amour, toujours l'amour, mais fermé sur soi-même, grandiose mais complaisant, aveugle et même impitoyable avec ce qui est d'autrui; l'amour qui sauve et l'amour qui est capable de condamner, l'amour sophistiqué et l'amour impulsif. Mais, ici, il n'y a pas le grand amour, l'amour qui aime tout et à tous, l'amour de celui qui s'oublie de soi-même -existe-t-il réelment?- (le seul, l'amour du père, l'amour de la mère, et cela timidement).
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L'amitié, complice mais superficelle, une amitié quotidienne, legère; une amitié que, tout compte fait, ne remplisse pas le vide intérieur, qui ne nous aide pas lorsque nous nous trouvons devant nos problèmes plus essentiels. Parfois existe une plus grande authenticité dans l'amitié de circonstances, soudain, de l'être humain qui est seul devant la tragedie, devant la solitude, devant l'horreur.
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La solitude, de chaqu'un avec soi-même et de chaqu'un dans une societé fragmentée, riche, -plus elle est riche, plus elle est fragmentée-; une societé de bien-être économique mais d'une pauvreté morale préoccupante.
L'être humain sera toujours seul devant la mort et devant une situation d'incomunication... Heureusement qu'il existe la compassion, c'est à dire, la capacité pour se placer dans le lieu de l'autre, pour avoir pitié de l'autre. La compassion est un des ponts qui relie aux êtres humains -un autre c'est l'amour, et un autre l'amitié-.

En plus, quelques clins d'oeil presque comiques devant certaines situations crées grâce à cette psychose d'insegurité que nous vivons actuellement (le terrorisme, l'inmigration, le sexe). Et j'ai dit presque comiques parce que le sourire devient gelé devant la tragédie que cettes situations provoquent. C'est l'humeur paradoxal de l'absurd.

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Enfin, le film aussi propose la question -et je pense qu'il la resoudre très bien- de la nécessité d'une rélation plus ouverte, plus sincère, plus fondamentale, plus compassive, parmi les êtres humains pour éviter les malentendus et des situations qui peuvent devenir tragiques.

À recommander absolument.

NOTE.- à remarquer aussi ce dialogue de sourdes nord-sud, ce saut au vide de la méfiance parmi voisins, ce racisme absurd produit de l'ignorance, l'égoisme et la peur; la peur à l'interculturalité, à perdre les privilèges, à les differences, en definitive, à l'autre -et plus il est different, plus il inspire la peur-. Un racisme contaminé de classisme (oui, oui, je pense que la lutte des classes est encore en vigueur de nous jours. Peut-il avoir quelqu'un qui pense le contraire? Quelqu'un de moyennement intelligent?).
Pour illustrer ça, voici part d'un des dialogues:
- Mon papa dit que le Mexique est dangereux- (dit le petit fille de Brad Pitt)...
- Oui, il y a beaucoup de mexicains- (répond Gael García Bernal -un de ces mexicains-)
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Mais toutes ces questions n'importent que en la mesure oú il existe une conscience... et la majeur part du monde n'en est pas conscient... jusqu'a ce qu'on se trouve dans une situation exceptionnelle... C'est la raison d'être de ces films.

Monday, January 08, 2007

Le pouvoir des images


Runaway Train (1985), de Andrei Konchalovsky, après un solide scènario d'Akira Kurosawa (ici, une très bonne page) , c'est un grand film mineur dont la consistence est cette d'un chef-d'oeuvre, avec scènes mithyques qui demeurent dans la retine du spectateur pour la plus grande gloire du cinèma.

Le film parle, surtout, de la grandeur de l'être humain... et par conséquent de ses misères. Je pense qu'elle est une petite épopée dont les protagonistes sont obligés à affronter une destinée adverse, une de ces situations accidentales qui mettent à l'épreuve la qualité de l'homme (et de la femme, bien sûr)... Alors, le plus mauvais et le meilleur de l'âme humanie affleurent, l'être humain y prend la mesure de soi-même.

Un échantillon du scènario:
-tu est une bête sauvage-... (Buck, le prisonnier jeune, Eric Roberts)
-pis, je suis humain-... (Manny, le prisonnier irréductible, Jon Voight)

Et la citation finale:
"La bête la plus feroce connait la pitié
je ne la connais pas,
et ne suis donc pas une bête"
Richard III, W. Shakespeare

Avec un rythme trépidant et une très bonne réalisation d'acteurs, une surprenant utilisation de la camèra et une superbe bande sonore, cette train-movie capture l'attention tout de suite pour avancer in crescendo vers un climax d'une beauté expressive fantastique: l'homme définitivement maître de sa destinée qui n'a pas peur de rien... et qui sais que la meilleure façon de mourir est celle qui donne sens à tout une vie.

Un superbe Jon Voight joue le rôle d'un prisonniere indomptable (pour moi, son meilleur rôle après Midnight Cowboy) qui rappelle celui de Paul Newman à "Luke la main froide" (Cool Hand Luke) par le caractère obstiné du personnage principal; mais dans cette occasion Manny-Jon Voight est doué d'une ferocité qui magnifie la taille de l'héros, Manny-Jon Voight est un héros plus Shakespearien, plus fondamental, plus épique (c'est la conception tragique que Kurosawa a exprimé constamment dans beaucoup de ses films) tandis que Luke-Paul Newman est un héros plus prochain, plus rebelle, plus moderne.

En outre, Runaway Train, est un film d'une plus grande complexité psicologique des personnages bien que moins chorale que Cool hand Luke (une autre fois la main Kurosawa) dont les silences obligent à prendre parti, à se plonger dans l'action... silencieuse mais tense.

Ici, il n'y a pas lieu pour le manichéisme. Bien et mal n'y ont pas de sens. Ce qui semble le mal se montre comme le bien, et ce qui pareil le bien est la face du mal. Tout est confus, tout est equivoque. Mais sur tout reste clair oú se trouve l'humanité à laquelle nous aspirons, les valeurs plus dignes d'être entraînés. Entre tant de confussion l'éclat vivant des meilleurs qualités de l'homme (parfait le rôle de Rebecca de Mornay, tendre et courageuse en même temps)... et les ombres plus noires de son instinct.

Et le train, la présence de la machine, une machine hors de control, emballée, aveugle, qui parcourt las terres inhospitalières d'Alaska, gelées et blanches, comme un noir ver de fer, comme une prison ambulante -c'est une autre caractéristique du cinèma de Kurosawa: l'orageuse rélation homme/machine.
D'une certaine façon cette machine roulant rappelle à ce camion effrayant de Duel, premier film de Steven Spielberg, oú un camion, dont le chauffeur n'apparait jamais, poursuivis sans relâche un pauvre employé de commerce. Dans les deux cas, la machine semble douée d'une intelligence propre (plus diabolique le camion, plus deus ex machina le train).

À remarquer: l'image finale de Manny-Jon Voight en pied, à la recherche de sa destinée, comme un héros guerrier qu'après sauver la vie de ceux qui peuvent encore vivre chevauche vers la mort non seulement sans peur mais avec acceptation provocante (comme s'il disait: <<bien, mort, je te veux... je vais à ton rencontre... ce sera mon acte le plus sublime... je suis le seul maître de ma vie...!>>).

Ici un vidéoclip sommaire du film. Je ne suis pas d'accord avec la critique général qui exprime yuyureiyanaxeno; oui, avec son appreciation du travail de Jon Voight.

Tuesday, August 08, 2006

Metropolis & Blade Runner (I)

Metropolis , Fritz Lang(1927) &
Blade Runner, Ridley Scott (1982)

Deux regards. Un rêve
L'expressionisme allemand et la nouvelle science fiction.

Si l'une des définitions possibles du cinéma est celle de "usine à rêves", c'est dans le cinéma de science fiction que ça s'accomplit d'une manière plus propre.

La science fiction est la mythologie du cinèma; c'est la concrétisation audiovisuelle, par extension, de la besoin que l'homme moderne a du mythe. La mythomanie devient de plus en plus sophistiquée à mesure que la complexité des strucutres sociaux augmente.

La naïveté des societés originaires a devenu plus exigente, plus... pseudo-scientifique, mais le besoin même que l'homme a de croire qu'il y a quelque chose de plus dans notre vie que ce qui est apparent continue vive.

Malgré les chants de syrène de la surconsommation, l'être humaine -en tant qu'il y aie imagination, memoire et peur à la mort- aura toujours nécessité de chercher au-delà quelque chose qui calme son angoisse.

Au debut furent les mythes, après les réligions et à partir de L'illustration un retour aux mythes en passant à travers le tamis d'un scientisme plus ou moins populaire, c'est-à-dire, la science fiction.

Aujourd'hui l'access à l'information est presque illimitée, les renseignements disponibles sont énormes et le developpement tecnologique fait possible ce qu'il y a quelques années on considerait quelque chose d'impossible, ou ce qui est la même chose, une chose de science fiction...

L'une des caracteristiques de la science fiction est donc justement cette-là, prevenir ce qui arrivera dans un future plus ou moins prochain, les autres deux dimensions seraient exprimer le passé à la lumière des connaissances contemporaines et essayer de trouver des réponses à un present qui ne satisfait pas complétement. C'est-à-dire, chercher des réponses satisfactoires -ou au moins sedantes- à tout cela qui demeure occulte à notre entente: d'oú venons-nous? que sommes-nous? Oú allons-nous?

Cettes deux films, avec des regardes differentes, nous parlent de cela depuis l'émotion de l'expression artistique. Tous les deux tentent d'emouvoir, faire reflêchir, toucher l'âme du spectateur, mais surtout, tous les deux veulent demeurer, rester dans la memoire des hommes comme des oeuvres d'art... et ils l'ont atteint! Ils sont devenus déjà deux classiques du cinéma.

Deux regards et un seul rêve, l'envie d'éternité.

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(à suivre)