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Monday, March 26, 2007

Un choix

J'ai élu un universe propre. Un universe à mon aise. Un universe à ma mesure, à la mesure de mon désir, non de ma taille. Mon désir a la grandeur de mon jugement, la grandeur de l'immarcessible, une grandeur qui ne se peut pas éprouver, la grandeur de l'inneffable.
Moi, je ne peux pas mentir, je ne sais pas mentir. Á chaque second de ma vie bat le vrai, mais parfois caché derrière de l'apparent, à peine maquillé, pour ne pas offenser.

Ah, la vie! Ja! Quelle chose!

La vie c'est quoi? Le savez-vous? Vos désirs, vos satisfactions, vos expectatives, vos troubles, vos sentiments, vos pertes, vos ravîssements... Qu'est ce qu'ils sont réelllement?...
...Des répresentations de votre volonté, c'est-à-dire, un universe propre.
L'objectivité n'existe pas. Ce qui s'appelle l'objectivité n'est que l'addition des volontés subjectives, la votre, la mienne, la sienne,... c'est-à-dire, nulle... et toutes en même temps. L'objectivité c'est une éntélechie. La vie c'est, par conséquent, une autre éntélechie... nécéssaire.

Vivre au jour le jour... est-il vivre sans objectifs? est-il vivre sans engagements? Pas de tout!

Le carpe diem implique précisément le plus grand des engagements possibles, le compromis devant soi-même de vivre sans conditionnements, le seul, la propre volonté souveraine, le propre désir, le propre project.

La défaite de la peur, le "oui" déterminant, le "non" exclusif, le pas au front vers un nouveau horizont,... tout ça, signifie l'acceptation de la vie, la négation du conformisme. Il faut de courage pour agir comme ça -c'est laid de le dire- et n'est pas facile le faire, mais... Il faut le faire pour ne pas se mentir soi-même.

Le monde est pleine de menteurs, partout. Vous êtes une menteuse -je le sais-, moi, aussi; mais il est temps de le vrai pour moi, le temps de ne pas se cacher, le temps d'affronter les propres érreurs, les propres faiblesses... Il ne reste pas de temps déjà.

Ce temps si court! Ce temps oú le baiser est si éternel comme nous le voulons, oú la caresse sur la peau aimée peut être comme caresser -rêveusement- le désert à découvrir ou caresser -maladroitement- la propre peau... Ce temps... Ce temps....

Le Temps des bouleversements, le temps des ravissementes,... ou le temps de la pourriture et de la décomposition.

Et comme échantillon,

Cuántos gozan el gozo de gozar
sin que gocen el gozo y lo dividen
entre ellos y el ver
los otros que ellos gozan.
Ah, Lidia, los trajes del gozo omite,
que el gozo es uno, si es nuestro, no lo damos
como premio a los otros
por ver nuestro gozo.
Cada uno es él sólo, y si con otros
goza, de los otros goce, no para ellos.
Aprende lo que te enseña
tu cuerpo, tu límite.
.
Ricardo Reis (Pessoa), Odes
.
Si nous voulons être sincères il faut agir comme ça. Ce monde est plein de sournoiserie, d'apparences prétentieuses, de vouloir plaire; trop des fois notre estime de soi dépend de l'opinion de l'autre, cela est une concession qui coupe les ailes de notre liberté et de notre réalisation comme individus singuliers et extraordinaires...

Et pour tout cela nous n'avons pas besoin d'armure, il suffit la détermination et l'amour à la vie, l'amour à une éntélechie oú nous sommes plongés.
b

Plus Éclats

Les éclats fulgurants émis par l'oeuvre diamantine de Fernando Pessoa sont illimités.
Soient les éclats bleutés de Ricardo Reis, soient les éclats dorés d'Alberto Caeiro ou ceux rougeâtres d'Alvaro de Campos, le kaléidoscope éclectique de ce surprenant créateur de personalités est un constant projecteur d'images, un foyer multicolore qui allume la vie grise en la transformant en un arc en ciel de couleurs nuancés, pâles ou pastels, jamais criardes, oú se réfugier quand les ombres ménacent.

A la patria, mi amor, prefiero rosas,
y antes magnolias amo
que fama y que virtud.

Mientras la vida no me canse, dejo
pasar por mí la vida
si sigo siendo el mismo.

¿Qué importa a aquél a quien ya nada importa
que uno pierda y otro venza,
si ha de amanecer siempre,

si cada año con la primavera
aparecen las hojas
y en el otoño cesan?

El resto, esas otras cosas que los humanos
añaden a la vida
¿Qué aumentan a mi alma?

Nada, salvo la sed de indiferencia
y la confianza muelle
en la hora fugitiva .

Oui, démolisseur, certainement. Démolisseur contre les élans courageux, contre l'espoir, contre les illussions vides -mais si agréables- des apparences, même contre l'amour. Mais, un autre éclat apporte une petite lueur,

¡Tan pronto pasa todo cuanto pasa!
¡Tan joven muere ante los dioses cuanto
muere! ¡Todo es tan poco!
Nada se sabe, todo se imagina.
Circúndate de rosas, ama, bebe
y calla. Lo demás es nada.

Au moins l'esprit stoïque de Ricardo Reis sauve la beauté, l'amour et l'ivresse -le goût- parmi les choses qui méritent être éprouvées. L'instant, le moment, l'éclair soudain. Sans passion, avec lucidité, c'est à dire, avec détermination et connaissance.
b

Éclat

Quel curieux! Cette vie nous garde petites surprises à chaque pas. Je me suis retrouvé avec un poème du hétéronymique Pessoa -Ricardo Reis, Odes- qui éclaire très bien une partie de mon état de conscience actuel.



No tengas nada en las manos
ni un recuerdo en el alma,

que cuando te pongan
en las manos el óbolo último,

al abrirte las manos
nada te caerá.

¿Qué trono quieren darte
que Átropos no te quite?

¿Qué laureles que no se mustien
en los arbitrios de Minos?

¿Qué horas que no te hagan
de la estatura de la sombra

que serás cuando estés
en la noche y al final del camino?

Coge las flores pero suéltalas,
de las manos apenas las miraste.

Siéntate al sol. Abdica
y sé rey de ti mismo.

Átropos est une divinité du Destin (l'implacable, l'inexorable, la non-retour).
Minos selon Dante est le juge qui se trouve à l'entrée du second circle de l'enfer pour juger les péchés de chaque âme.

Ah! Le spleen! Ce désarroi essentiel de celui qui posséde des yeux pénétrants dans l'âme.
Ça va faire!
b